Coup d'Etat au Niger : le président Tandja «emmené»

Publié le par Al

Des soldats mutins se sont emparés du palais présidentiel et ont annoncé la dissolution des institutions du pays. Le président Tandja serait retenu dans une garnison à vingt kilomètres de la capitale. Coup de théâtre au Niger. Après plusieurs mois de crise politique, des soldats mutins se sont attaqués jeudi 18 février dernier au palais présidentiel, faisant plusieurs morts et blessés. Un conseil militaire a annoncé la suspension de la Constitution, tandis que le président Tandja aurait été «emmené» vers un lieu inconnu. «Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSDR), dont je suis le porte-parole, a décidé de suspendre la Constitution de la sixième république et de dissoudre toutes les institutions qui en sont issues», a déclaré dans la soirée de jeudi le colonel Goukoye Abdoulkarim sur les ondes de la radio d'Etat. Il a aussi indiqué que tous les traités signés par le pays seraient respectés et a demandé à la communauté internationale de faire confiance aux insurgés. Sur les images à la télévision, il est apparu au côté du colonel Dijibrilla Hima Hamidou, commandant de la plus importante zone de défense du Niger. Un communiqué a par ailleurs indiqué que le Conseil s'est doté d'un président, en la personne du chef d'escadron Salou Djibo, qui commande la compagnie d'appui de Niamey et dispose d'armements lourds, tels des blindés. Dans la journée, des témoins avaient fait état de tirs nourris et de combats à l'arme lourde dans les rues de la capitale et autour de la présidence. Aucun bilan officiel n'avait été communiqué jeudi soir mais, selon des témoins et une source médicale, au moins trois ou quatre soldats ont été tués. Dans l'après-midi, des militaires étaient déployés autour du palais présidentiel et dans les rues adjacentes. Le président Mamadou Tandja, 71 ans, et son aide de camp seraient selon des responsables ayant requis l'anonymat «retenus» dans la garnison de Tondibia, à une vingtaine de kilomètres de la capitale. «Ils ont emmené le président», a confirmé un membre du gouvernement. Des ministres ont par ailleurs affirmé dans la journée avoir été séquestrés. Le vœu de maintenir le pouvoir Au pouvoir depuis 1999, réélu facilement en 2004, Mamadou Tandja devait se retirer selon les termes de la Constitution en 2009. Au lieu de cela, il a fait adopter en août dernier par référendum une nouvelle Constitution lui assurant un maintien au pouvoir au moins jusqu'en 2012. Le nouveau texte supprime en effet la limitation à deux mandats présidentiels de cinq ans et accroît en outre les pouvoirs du chef de l'Etat. Pour arriver à ses fins face aux protestations de l'opposition qui dénonçait un «coup d'Etat constitutionnel», le président avait au préalable dissous le Parlement et la Cour constitutionnelle. Le coup de force a plongé depuis son pays dans une grave crise politique. Des élections législatives, boycottées par l'opposition, ont par la suite été remportées en octobre par le parti du président, le Mouvement national pour la société de développement (MNSD), en dépit des protestations de la communauté internationale et de la suspension du Niger par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao). L'Union européenne avait alors suspendu son aide au développement. Les Français de Niamey invités à rester chez eux La France demande à ses ressortissants au Niger de rester cloîtrés chez eux. «En raison des événements en cours à Niamey, il est vivement déconseillé de se rendre actuellement ou d'y effectuer un transit», détaille le ministère des Affaires étrangères sur son site Internet. Quelque 1.500 Français vivent aujourd'hui au Niger. Beaucoup travaillent pour Areva, implanté dans l'ancienne colonie française pour l'exploitation de ses mines d'uranium, dont le Niger est le troisième producteur mondial. Air France a de son côté décidé de suspendre ses vols vers Niamey. Le Figaro
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